Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
Qui suis-je ?

Vaste question ! Ici et contrairement à ce que je me tue à faire de mes journées à la fac, je ne vais pas traiter du Moi en général mais juste de moi en particulier. Je suis ma propre vedette, je m'aime et je me balance des roses. N'hésitez pas à faire de même dans vos commentaires.
Plus sérieusement, au moment où j'écris ce texte, je suis un gars, j'ai dix neuf ans, je suis dans un coin du 93,je reviens d'un cour de philo à la fac « Paris 8 » et je n'ai pas d'idéologie particulière. Mais tout peut encore changer !

J'aime écrire, débattre, confronter mes idées aux autres. Je suis féru d'histoire féodale, qu'elle soit européenne, islamique ou extrême orientale. J'ai à mon actif une vingtaine de nouvelles et un petit roman, je suis intéressé par les échanges de textes et je suis roliste. Et pour ceux qui ne savent pas ce que signifie ce terme, cherchez dans la Wikipédia.

A l'inverse, je n'aime pas les cons et les fout-la-merde. C'est une faille dans ma philosophie de la tolérance, je sais, mais j'ai vraiment du mal à supporter les types qui nourrissent une volonté de se battre avec moi d'une façon ou d'une autre. S'il y en a encore à ce stade de la lecture, je vous invite à ne pas perdre votre temps à poster des commentaires. Je connais des blogs super sympas de mecs trop cools qui veulent atteindre les mille commentaires, ce serait dommage de les priver des votres. Enfin, faites ce que vous voulez, je ne suis pas votre mère (et n'ai pas envie de l'être, soit dit en passant).

Sexuellement, je suis de confession hétérosexuelle et je suis actuellement libre. Avis donc aux filles de postuler, sachant qu'un tour de poitrine minimal et un tour de hanche maximal sont des conditions évidentes pour obtenir le poste. Et petites, si possible. Les filles trop grandes m'empêchent de profiter du soleil. Et si vous avez les yeux bleus, n'hésitez pas.

Bref.

Vous n'aurez ici ni photo ni nom, prénom ou numéro de carte bleue. Pour la raison conne que j'habite dans un quartier bourré de skybloggeurs dont la moyenne de quotient intellectuel dépasse légèrement celle de mon balai, mais dont la carrure est en moyenne de trois à quatre fois supérieure à ma masse corporelle.

Quand vous lirez mes conneries, prenez-les au degré que vous le souhaiterez, mais faites-le en connaissance de cause. Je ne suis pas raciste, fasciste, communiste révolutionnaire, nihiliste. Je ne suis pas goth, je ne me scarifie pas, je suis un être humain comme vous avec des pensées cohérentes et une vie spirituelle que je juge fructueuse. Enfin, quand je dis « comme vous », je sous entends que vous n'êtes ni raciste, ni fasciste, ni communiste révolutionnaire, ni nihiliste et que vous ne vous scarifiez pas pour invoquer Satan à jouer une belote. Si c'est le cas, je suis quand même comme vous, mais avec des pensées cohérentes et une vie spirituelle fructueuse en plus.

Quelques petites précisions s'imposent avant de lâcher le résidus de mes intestins sur ce blog.

Primo, il sera en principe mis à jour tous les week-ends, mais je refuse de me donner des quotas à remplir. Je n'ai pas d'obligations envers personne en ce qui concerne mes loisirs.
Ensuite, je suis ouvert au dialogue, avec tout le monde. Si une idée vous échappe parce qu'elle est trop conceptuelle pour vos neurones ou votre éducation primitive, je serais heureux de vous l'expliquer avec des phrases « Sujet – Verbe – Complément ».
Enfin, prière de repérer les marques d'ironie, comme celle dans le point juste au dessus. Vraiment. Enfin merde. Faites ce que vous voulez, mais sachez juste que je valide les commentaires avant de les voir apparaître. Je ne le fait pas parce que je ne supporte pas d'être contredit. Je déteste être contredit, mais ce n'est pas mon sujet. Ce que je supporte pas, c'est les petits cons à qui papa a offert une livebox et qui jouent leurs kiki tout dur en envoyant des messages pleins de haine mais sans orthographe et avec une structure syntaxique approximative.

Si vous souhaitez que je vous réponde, parce que vous avez envie d'engager le débat ou parce que vous êtes une fille d'environ un mètre soixante, yeux bleus cheveux blonds, visuellement acceptable et intellectuellement méritante et que, soit dit en passant, vous désirez mon corps (ce qui est très compréhensible), n'omettez pas votre adresse e-mail ou msn. Je verrai alors ce que je peux faire pour vous.

# Posté le jeudi 30 novembre 2006 08:42

Modifié le mercredi 27 décembre 2006 00:43

Introduction à la pensée de Kunekokun

Introduction à la pensée de Kunekokun
Il y a quelques années, je voyais souvent un ami qui m'était très cher. Il venait souvent chez moi, je venais souvent chez lui et nous gardions de bon contacts. Nous avions plus ou moins les mêmes goûts et quand un différent se créait entre nous, il ne durait généralement pas longtemps. C'était, dans l'ensemble, une période heureuse de mon existence.
Mais cet ami avait un gros défaut. Un énorme, un gigantesque défaut. Sa mère racontait sa vie. A chaque fois que je me rendais chez cet ami, je comptait une heure à entendre cette vieille dame raconter sa vie minable et à faire semblant de compatir.
Mais non, vous n'êtes pas si vieille. Mais non, la vie est belle. Mais non, il ne faut pas se suicider, etc. Elle parlait cinq minutes, je la réconfortait, elle me radotait le même plat à une sauce différente, et rebelote pendant une heure. C'est d'ailleurs généralement comme ça que je discute avec les vieux qui n'ont rien à me dire. Ceux qui en ont déjà fait l'expérience savent de quoi je parle.

Evidemment, je ne pensait pas un traître mot de ce que je lui disait pour qu'elle me foute la paix. Si elle s'était pendue après m'avoir parlé, j'aurait été triste pour mon ami, mais elle, je m'en serait contrefoutu. C'est vrai quoi. On me pousse à l'hypocrisie, on me fait perdre des heures de ma vie et on attends de moi des bons sentiments à l'égard des gens qui me font chier ? Faut pas exagérer, quand même.

Tout ça pour dire que tout le monde peut raconter sa vie. Même cette dame qui se foutait royalement de moi et qui n'avait en intérêt que de vider sa bile sur le visage de quelqu'un. Même les skybloggeurs en écrivant dans un langage SMS, qui se foutent royalement de savoir s'ils vont être lus ou pas, et qui n'ont en intérêt que de raconter leur vie sans intérêt de petit adolescent minable. Cette dernière phrase a pour but de vous inciter à poster des commentaires.

Bref.

Puisque n'importe qui peut raconter sa vie, il y en a naturellement qui le font mieux que d'autres. Des fois, c'est des jolies filles qui posent en maillot de bain et qui, avec la même histoire, attirent plus de monde. Des fois, c'est des mecs qui sont tellement mauvais qu'ils en deviennent drôle grâce à Skybleurk qui ne les ménage pas. Et il y a ces gens qui parviennent à lui donner un intérêt intellectuel à être raconté.

Oui, raconter sa vie est un art.

A partir de là, à partir de cette ligne, de ce mot, pouvez-vous le contester ? Vous avez lu le résumé de ma vie affective avec mes amis et leurs parents, ce qui ne vous concerne pas du tout. Vous avez suivi mes élucubrations jusqu'à leur point final.

Alors les commentaires que je recevrai dès à présent se distingueront en trois groupes. Groupes de Fer, d'Argent et d'Or, comme chez Platon.
D'un coté, le groupe de Fer. Les cons, les crétins, ceux dont l'âme ne peut être sauvée que par intervention de cinq grammes de plomb, les « rageux » comme ils s'appellent quand ils se démolissent les uns les autres. Les « commz » ce ceux-là permettent à Roger, l'éboueur français du coin de ma rue, de travailler dignement et de sauvegarder son boulot que veulent lui prendre la totalité des ethnies du monde. A coté d'eux, il y aura le groupe d'Argent, les gens un peu plus malins, que je commence avec méfiance à considérer comme des interlocuteurs valables. Ceux-là lisent mon texte mais le comprennent mal parce qu'ils ne prennent pas le temps de réfléchir ou de le lire jusqu'au bout. Alors effectivement, ils se trouveront touchés dans leur petite dignité (parce qu'ils s'identifient aux fout-la-merde que je ne peux pas supporter ou parce qu'ils se sentent visés quand je m'attaque aux cons) et me laisseront des commentaires très négatifs. Dans ce cas là, je réfléchis. Si c'est argumenté, je poste. Sinon, Roger pourra aura un peu plus d'argent pour envoyer ses gosses à l'école. Si les Cybercops sont au dessus de ça, ce que j'espère, alors ce blog va prospérer. Sinon, il a du soucis a se faire.
Les troisièmes, la « Race d'Or » de Platon, ceux qui pensent et dont le nombre est très réduit. Quand on en tient un, il faut tout faire pour le garder. On lui paie un verre, le resto, le cinoche, on lui envoie de l'argent, des cadeaux, on devient son pote, on l'épouse s'il est du sexe opposé et on milite pour le mariage homosexuel dans le cas contraire.

Bref.

Ceux-ci seront placés devant une évidente constatation.
Ils auront lu mes conneries jusqu'au bout. Je les aurait intéressés à ma vie, à des idées qui ne partent de rien et aboutissent à peine quelques centimètres plus loin.
Ils comprendront que toute ma démonstration aura été inutile et les aura tenu en intérêt, ce qui est le propre de l'art.

Alors, ceux-la, postez vos commentaires, déchaînez-vous, je les afficherais.
Ne suis-je pas un artiste à vos yeux ?

# Posté le jeudi 30 novembre 2006 08:43

Modifié le mercredi 27 décembre 2006 00:44

Le Saviez-Vous ?

Le Saviez-Vous ?
Pourquoi ce pseudo, « Kunekokun » ?

Source : Le site du Musée Québécois d'Histoire de la Pensée.

« Figure phare de la pensée Japonaise du douzième siècle, Katsunobu Kunekokun est le fils cadet du seigneur de guerre Katsunobu Ishida qui régna sur une partie de l'île de Honshû pendant près de cinquante ans.
Par devoir de filiation et par respect pour ses frères plus âgés, Katsunobu Kunekokun devint moine dès l'âge de quinze ans et entra dans les ordres du temples d'Ennyo à l'Est de Kyoto, où il apprit les arts de la calligraphie, la pensée Bouddhiste. Il développa à partir d'elle une pensée critique qui influence encore le Japon contemporain.
Vers 1130, un conflit avec le père de son ordre s'enflamma et le força à l'exil : il partit sur une galère et fut vendu à des marchands sur la route de la soie.
Esclave, il passa de mains en mains et fut bientôt racheté par un philosophe Taoïste, Juaghong Tung Tseu.
Les deux hommes s'influencèrent l'un l'autre et au terme de deux années d'apprentissage, le maître libéra Katsunobu Kunekokun. Celui-ci changea de nom, et retourna dans l'archipel du Japon, où il se mit a prêcher sa propre parole, influencée par sa vie difficile, par son enseignement rigoureux et ses expériences concluantes. »


Ceux qui ont un peu de culture (les beaux, les forts, les malins, ceux que j'aime) connaissent bien Kunekokun. Ils savent pertinemment à quel point tout ce que je vous ai raconté est faux. Et ils savent même qu'il s'agit d'un mixe de Platon et d'autres conneries du même genre.
En fait Kunekokun n'as aucun sens. Un psychanalyste trouvera amusant que dans ce nom, on entende « Neko-kun», petit chat en Japonais et que les consonances sont à peu près les mêmes que « Kikinou », petit chat en langage Kikoulol.
Et il remarquera aussi que ses initiales sont K.K. Prononcez-le pour voir, moi, je trouve ça très drôle. Et puis merde, quoi. Quand on se fait chier dans une estudine dans une ville minable, on s'amuse comme on peut. Et vous en profiterez au passage pour noter avec quelle habileté j'arrive à coller des passages de ma vie entre deux passages argumentaires.
Bref.

Ce qui m'éclate avec les « Le Saviez-Vous », c'est à quel point ça rend aux gens un contre-service. Dans le but de rendre plus complets, ils rendent plus cons. Les amateurs de journaux gratuits pensent se cultiver en les lisant et ils n'ont pas tord. Ils se cultivent. Ils apprennent plein de trucs super intéressants qui vont les aider dans leur vie. La taille du plus gros melon du monde, par exemple ou celle des implants mammaires de madame Ferrari (qui n'ont théoriquement pas changé de taille, sauf si les vers peuvent effectivement bouffer du silicone).
Finalement , un « Le Saviez-vous », c'est quoi exactement ? C'est un passage de texte court, froid, sec. C'est un condensé d'information, que tu gobe, que tu avales sans digérer avec lequel tu te sens moins stupide, plus cultivé. Avec lequel tu tiendra une conversation avec ta copine avant d'aller faire des trucs plus intéressants ou avec ton prof avant qu'il ne te colle un zéro pour insolence.
Et dans ce passage, il n'y a que l'information. Pas d'argumentation, pas de raisonnement construit, rien, que dalle. Parfois, ce ne sont même que des chiffres. Et si on veut vous mentir, rien ne vous permet de vérifier l'information.
Trucmuche a mangé sa voiture pièce par pièce. INCROYABLE. Et on a aucune raison de le contester. C'est un fait, Trucmuche a bouffé sa bagnole. Maintenant, il prend le métro. Il y joue de l'harmonica pour se payer les soins pour toutes les saloperies qu'il a attrapé.
Bref.
Tout ça pour dire que l'information brute et non-argumentée façon TF1, même si ça cultive un homme, même si ça le rend plus intéressant en société (encore qu'il ne se passe pas une semaine sans que je ne rencontre des pouffes ou des apprentis caillera qui me prouvent le contraire), même si ça le rend meilleurs dans plein de sens, ça l'entraîne, ça le forme à penser la culture comme quelque chose que Papa te fourre dans la bouche quand tu baille et que vous êtes seuls. En pensant à un biberon.
Alors il y aura toujours des petits malins pour me dire « Oui, mais quand on lit le 20 minutes, on peut toujours vérifier l'information sur d'autres journaux ». Moi aussi, j'aimerait être pété de thunes pour pouvoir m'acheter un exemplaire de chaque journal de ma librairie, et d'avoir suffisamment rien à faire pour les confronter tous les jours. Mais franchement, sur terre, qui est capable d'un tel effort ?

La culture, ce ne vient pas de Dieu, d'un journal gratuit, de Google, d'un Skyblog ou même de vos professeurs. La culture ça se traque ça se poursuit, ça s'attrape, ça se saigne et ça se mange cuit au feu. Evidemment, c'est dur de devoir s'intéresser à autre chose qu'aux minettes, aux motos, à sa playstation ou, dans certains cas rares (mais ils existent, j'en ai rencontré) à ses bouquins de cours. La culture, c'est une poursuite difficile et longue.

Penser se cultiver en lisant un « Le Saviez Vous », c'est un peu comme penser que les renseignements téléphoniques ont une quelconque utilité dans la vie pratique. C'est une hérésie, une invention albigeoise et ça mérite un saint autodafé. C'est amusant, d'ailleurs, je parle de Culture et je dérive sur les Albigeois.
A propos d'Albigeois donc, sans regarder la Wikipédia, vous me rappelez ce que c'est ?

# Posté le jeudi 30 novembre 2006 08:44

Modifié le mercredi 27 décembre 2006 01:19

Les gens sont cons

Bon, je me réveille doucement. Il est midi passé de onze minutes, nous sommes Mercredi 29. Je suis de bonne humeur et je vois venir une bonne journée, comme la majorité de mes mercredi.
Les mercredis, c'est super. La marmaille bosse le matin, je bosse le soir et j'ai pas à supporter leurs cris d'animaux pré-pubères. J'ai que deux heures de cours et je suis en bonne compagnie. Je m'amuse le matin à écrire le genre de conneries que vous lisez, je m'amuse pendant les cours à écouter Gérard Miller (Vous ais je dit que j'étais l'élève de Gérard Miller ? Maintenant, vous le savez.) et à faire des Sudoku avec une charmante jeune fille, et je m'amuse le soir à penser à mercredi prochain.
Et surtout, le point qui est super avec les mercredis, c'est qu'ils viennent après les mardi. Mardi, c'est un jour qui devrait pas exister. Neuf heures de cours, pas de pause, un sandwich en pain dur au contenu incertain pour tout repas. C'est un enfer. Le Mardi, c'est un peu le jour des Albigeois.

Bref.

Tout ça pour dire que je suis heureux quand j'écrit ce texte. Bon, il est déjà midi dix huit et j'ai pas encore énoncé le sujet.

« Les gens sont cons ».

Ce genre de phrase me bottent. J'adore ce genre de phrase. C'est pour ça que c'est le sujet de ce matin. Techniquement, qu'est ce que ça signifie ? A première vue, ça signifie quelque chose comme « Les êtres humains sont dotés de capacités intellectuelles insuffisantes ». Mais comme le mot « con » est un mot relatif et que grosso modo, on ne compare pas l'homme à un dauphin quand on dit qu'il est con, c'est généralement à soi-même qu'on le fait. Enfin, on peut interpréter le fait que les dauphins ne lisent pas les quotidiens gratuits et ne regardent pas la télévision comme un signe d'intellect supérieur, mais ce n'est pas mon sujet.

Quand on dit « Les gens sont cons », on sous-entends généralement « Je suis plus malin qu'eux ».
Le Saviez-Vous ? Les gens sont cons.
Blam ! Info brute. Pas d'argumentation, pas de développement, niet, nada. C'est toujours rassurant pour soi-même de ressortir des phrases toutes faites pour expliquer son malheur, après s'être fait tabasser par les trois caillera qui traînent dans une cité minable. Enfin, pour avoir déjà expérimenté, je sais que c'est dur et que c'est frustrant. Mais s'interdire la réflexion, ça n'aide pas à se sentir mieux.
C'est un peu comme dire comme Kamini, pour prendre une référence à votre niveau intellectuel, « Tous des pourris » en parlant des politiciens. Une fois qu'on a dit ça, on a effectivement pas dit grand chose.

Ce sont des phrases que tout le monde sort et qui acquièrent par là le statut de vérité populaire. C'est un fait, pour le peuple des « apprentis métalleux peints en noir » (dixit un Goth skybloggeur), les gens sont cons. Et comme ils le disent tous, ils s'en convainquent tout seuls sans avoir besoin d'argumenter.

Bref.

La courte argumentation que vous venez de lire, vous devez la prendre comme la preuve qu'on peut être violé par une idée. A force que des gens autour de nous répètent la même connerie, on finit par le croire sans qu'on ait eu besoin de l'argumenter. Le brésil est un pays pauvre, l'Iran veut la bombe nucléaire, nous vivons dans une démocratie, etc. Pas d'argumentation pour ces idées et pour ma part, je suis persuadé qu'elles sont fausses, mais elles sont tellement implicites dans les discours qu'elles rejoignent le domaine des évidences populaires.

Bon, après, je ne veux pas qu'on interprète ce que je dis. Ce n'est pas parce que je dis que les hard métalleux de quinze ans sont des guignols quand ils disent « les gens sont cons » que je pense différemment.
Les gens sont par nature et à mes yeux des êtres invertébrés. Quand c'est petit, ça braille. Quand c'est enfant, ça crie, quand c'est adolescent, ça se plaint, quand c'est adulte, ça fait des petits et quand c'est vieux, ça radote. C'est ma vision de l'espèce humaine dans sa globalité et comme je ne connais (ni n'ait envie de connaître) les gens dans leur individualité, je n'ai aucune raison de la réformer. Vous saisissez le raisonnement ?
Les êtres humains doivent faire leurs preuves pour acquérir un statut spécial qui les fait sortir de la masse populaire. Mes amis ont un statut, mes ennemis ont un statut, ceux que j'admire en ont un et ceux que je hait aussi. Pour tout les autres, c'est de la plèbe. Que je les aimes ou pas, leur attitude bovine à mon égard demeurera la même, ils ne méritent donc que mon mépris le plus neutre.

J'en reviens donc à mon sujet pour le clore : ceux qui ont une importance à mes yeux y ont un statut individuel. Les autres, les gens, sont définitivement cons.

# Posté le jeudi 30 novembre 2006 08:45

La France est en deuil

Voilà, c'est dit. La France Libre et Fière, Belle Comme Le Matin Qui Se Lève est endeuillée par une terrible nouvelle. Je l'ai appris il y a quelques jours, en regardant la télévision commune de ma résidence.
C'est terrible, vraiment. J'ai regardé la télévision. Mea culpa.
Enfin, la nouvelle dont je vais vous parler, je la trouve atroce et comme je vous respecte et vous aime, je vais vous faire profiter de ce que je trouve dégueulasse.
Donc, voici les faits. Dans une maison de retraite apparemment bien tranquille, un papi de quatre vingt balais a empoisonné deux de ses petits copains avec de la mort aux rats. HORREUR ! Un vieux qui en bute deux autres, c'est quand même pas banal, avouez. Mais c'est justement ça qui m'interloque : on sait depuis longtemps que l'âge rend hargneux et con : pourquoi prends-on cette nouvelle comme une surprise ? Je lance le débat !
De même, quelles leçons en tirer ? Les vieilles personnes ne sont visiblement plus en état de participer à une vie sociale. On les cases inutilement dans des maisons qui sans eux, pourraient abriter un grand nombre de sans-abri, on attend qu'ils crèvent et on fait semblant de s'alarmer quand la canicule fait le boulot à notre place. Tout cela doit changer !
Il y a des lois, bien sur, qui interdisent aux vieux dépendants de voter et qui autorise une personne de leur entourage à prendre toutes les décisions à leur place. Mais cela ne va pas assez loin ! Cessons la demi-mesure, les vieux ne sont pas des êtres humains comme nous. Je préconise l'euthanasie par ablation encéphalique à la hache de tout individu de plus de soixante-dix ans.

Et ce vieux, disent les médias, ce monstre abominable et sans nom, avait dans sa maison de retraite une bien terrible réputation. Il était « manipulateur, violent et rancunier ». Avant d'aller plus loin, il faut préciser que pour nous, êtres humains normaux, cela nous paraîtrait absurde de penser qu'on puisse se faire manipuler par un homme violent, connu et méprisé pour se servir des gens à son intérêt. Mais dans une société fermée où les gens voient leur capacités mentales diminuer chaque jour passé à jouer au bingo, c'est moins évident.
Et ce n'est pas tout. Ce petit vieux, tout le monde le hait. Ses camarades, ses enfants (son héritage n'a rien a voir là dedans, paraît-il) les infirmières, le personnel hospitalier, le pape, etc. Tout le monde savait bien que c'était une graine d'assassin et tout le monde s'étonne d'ailleurs qu'il ne fasse ses premières victimes qu'à quatre vingt piges.

Bref.
Que dit-il pour sa défense ? Car si la France entière veut la tête de ce bonhomme, les lois nous forcent à l'écouter avant de le lapider. « C'était pour tuer les rats » dit-il.
Evidemment, on est trop cons ! Pourquoi n'y a-t-on pas pensé plus tôt ? Il a voulu se débarrasser des rats au moyen d'un subterfuge audacieux ! Il les a invité a prendre une tisane dans laquelle il a versé du poison. Son plan était parfait et ne pouvait théoriquement pas échouer : il allait devenir le héros de son hospice après l'avoir débarrassé de la vermine !
Il a fallu que ces deux vieux, en voyant les tasses posées bien en évidence sur la table basse, se jettent dessus comme des goinfres et signent ainsi la plus grosse bavure de la semaine. Est-ce sa faute si les deux morts étaient stupides ?

Pourtant, si le juge n'est pas sensible à cette explication, notre petit vieux risque jusqu'à cinquante ans de prison. Etant donné qu'il a quatre vingt balais, il en sortira a cent trente ans. Bonne chance, papi.
Enfin, que le bon peuple ne s'en fasse pas, la prison où il va être envoyé n'est pas une prison comme les autres. C'est une prison pour vieux, médicalisée, avec des infirmiers partout. Il pourra y recevoir les visites des rares proches qui ne veulent pas son cuir et passer le restant de ses jours à jouer au Keno.
Finalement, il a pas perdu grand chose, dans le pire des cas.

Ce qui m'éclate, c'est que le procès de ce vieux m'en rappelle un autre, analogue mais dont la procédure a été toute différente. Du temps des pères de nos pères, alors que la glorieuse armée française essayait vainement de retirer le fusil que les boches lui avaient calé dans les parties intimes, les nazis agissaient à leur guise sur le territoire français. Et un homme qui, par son incroyable volonté, sa présence d'esprit et son courage s'est illustré à ce moment là comme une figure clé de la politique.
En donnant des consignes très claires à ses policiers et aux instances collaboratrices sous ses ordres, monsieur M.Papon (nous taisons son prénom afin de ne pas attenter à sa dignité) a fait envoyer dans les camps un nombre incroyable de juifs.
Et à lui, son procès a été fait. Il a dût répondre de ses actes commis dans sa jeunesse devant un tribunal très hostile.
Et le verdict ? Papounet finit tranquillement ses jours dans son petit château, très loin de penser à ses crimes contre l'humanité et à des lieues d'être de nouveau inquiété. La raison, vous la connaissez. Il était trop vieux pour faire de la prison. Pauvre néo-hitlérien. C'est vrai qu'on a été dur avec lui. Payons lui une retraite au soleil et n'y pensons plus.

De toutes façons, on a pas le temps d'y penser. On est trop occupé à juger cette ordure, ce monstre abominable, cette saleté de petite merde octogénaire qui a commis la bassesse de tuer deux personnes.
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# Posté le vendredi 01 décembre 2006 11:24